Blogue à part


Questionnements sur le droit d’auteur by Paul-Marcel
8 février 2008, 13:11
Filed under: Cinéma/télé/radio, Paul-Marcel, Politique/social

L’autre jour mon fils m’a fait découvrir un site Web qui diffuse des films en lecture continue (“streaming”). Le répertoire n’est pas aussi vaste que celui de votre club vidéo mais il s’enrichit de plusieurs dizaines de films à toutes les semaines. On y trouve de vieux classiques, des films de série B, des navets inconnus et de grosses productions. Un vaste de choix de documentaires est aussi disponible ainsi que des vidéos de clips musicaux, des reportage sportifs, à peu près toutes les séries de télé américaines récentes ou anciennes. La qualité est excellente et la diffusion instantanée. Vous choisissez, vous cliquez, et hop, ça commence. Pas d’inscription, pas de pub, juste le film.

Le problème, puisque dans mon cas il y en a un, est d’ordre moral. On trouve sur ce site des productions qui sont encore en salle. Il y a donc une entorse claire aux lois sur la diffusion d’œuvres cinématographiques et télévisuelles. C’est ce qui m’a emmené à une réflexion sur nos droits et restrictions concernant les films commerciaux.

Allons-y par une suite de questionnement :

  • Si un film est diffusé à la télé et que ce soir là je n’y suis pas, puis-je l’enregistrer pour l’écouter plus tard ? Je crois qu’il est admis de tous que la réponse est oui.
  • Si je n’y suis pas et que j’ai oublié de programmer mon magnétoscope, appeller un ami pour le faire pour moi, est-ce que c’est acceptable ? D’après moi, oui encore.
  • Si l’ami en question fait l’enregistrement sans m’en parler et me prête la cassette, est-ce encore OK ?
  • Donc, par extension, est-ce que je peux prêter une cassette déjà enregistré à qui je veux ?

On voit déjà que ça devient rapidement assez compliqué à gérer, mais allons plus loin.

Si on admet qu’un film qui passe à la télé peut-être enregistré pour son usage personnel, est-ce que ça doit se faire seulement lors de sa diffusion ? Autrement dit, si j’ai manqué Rocky à TVA la semaine dernière, mais que je peux le voir sur Internet ce soir, est-ce permis ?

Autre question : si je loue un film au club vidéo pour une semaine, est-ce que je peux le prêter à ma sœur après l’avoir regardé ? Quand on me loue un film pour la semaine, est-ce qu’on s’attend à ce qu’il n’y a que moi qui le regarde durant ma période de location ? Pourtant on peut être huit dans le salon lorsque je déciderai de le voir. Est-ce que ça peux se faire en deux groupes de quatre, deux soirs différents ? Alors dans ce cas, est-ce qu’un de ces individu pourrait décider de le regarder sur son ordinateur à partir du site de téléchargement ?

Prenons l’exemple des livres. Si j’ai acheté un livre et que je l’ai aimé, je peux le prêter à qui je veux sans restriction aucune. Je présume que je peux faire de même avec un DVD d’un film à succès. Alors, si j’appelle un ami et que je lui parle du film que je viens d’acheter, que c’est un film extraordinaire, que je vais lui prêter ma copie dès qu’on se voit, je présume encore que nous sommes dans la légalité. Mais si cet ami me dit que c’est plus simple pour lui de l’écouter dès ce soir sur son portable, qu’est-ce que je dois lui répondre ? “Tu n’as pas le droit. Attend que je t’apporte mon DVD” ? Découlant de ça, peut-on voir un film sur Internet dès que quelqu’un en fait l’achat ?

Vous comprendrez que j’ai vraiment besoin d’un spécialiste/avocat pour m’aider à résoudre mes questionnements moraux et légaux sur le droit d’auteur. Disons que pour le moment, je trace la ligne avec les films qui sont encore en salle. Pour ceux-là, interdiction de les regarder sans payer. Malgré que ce ne soit pas sans faille comme raisonnement, au moins je peux tracer une ligne quelque part.

Maintenant il faut que je l’explique à mon ado….



Le mélange des genres by Paul-Marcel
10 janvier 2007, 23:37
Filed under: Cinéma/télé/radio, Paul-Marcel

Ce matin à l’émission radiophonique de Christiane Charette (oui je sais, j’ai encore écouté…) une rencontre très intéressante entre Jean-René Dufort, animateur de «Infoman» et Alain Gravel, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Le prétexte : un petit débat sur ce qu’est être journaliste. Première chose : Christiane Charette n’écoute pas ses invités, mais ça c’est un autre sujet. Pour revenir à la problématique, J-R Dufort revendique le droit d’interviewer qui il veut et de poser toutes les questions qu’il désire. Pour Alain Gravel, le fait d’être reconnu journaliste impose une prérogative, celle de relever du conseil de presse du Québec, qui peut émettre un blâme suite à une plainte de quiconque. M. Dufort nous dit qu’il ne veut pas être journaliste, M. Gravel ne veut pas l’empêcher de rencontrer qui que ce soit («L’information et l’actualité ne sont pas exclusifs aux journalistes»). En principe tout est clair. Mais dans les faits, pas tant que ça. Car la question n’a pas été répondu : qu’est-ce qu’un journaliste ? Maintenant que la nouvelle peut, et est, relayé par tout le monde; maintenant que les politiciens se font interviewer aux émissions de divertissement par des animateurs, des humoristes et des maires; puisque chacun sur son blogue peut commenter l’actualité avec la même verve qu’un éditorialiste payé pour le faire, qu’est-ce qui différencie le journaliste de tous les autres ? Le journaliste est redevable devant le Conseil de presse du Québec qui peut lui adresser un blâme. Il peut aussi être membre de la FPJQ, mais ce n’est pas obligatoire. Tout le monde peut donc se définir journaliste indépendant. Voilà pour la portion institutionnel de la profession.

Le problème qui se pose actuellement en est un de mélange des genres. Si tout le monde peut faire une entrevue avec qui que ce soit, tous ne sont pas soumis aux mêmes règles. L’animateur qui prend un biais tout à fait volontaire dans le traitement de la nouvelle peut toujours se disculper en disant qu’il fait de la variété ou de l’humour. Un Guy A. Lepage ou un Jean-René Dufort ne peuvent donc pas subir de blâme du Conseil de presse s’ils décident de déconner face à un ministre. On ne leur demandera pas de faire preuve d’objectivité. Ça relèvera de leur éthique personnelle et de la tolérance de leurs patrons. Un journaliste à «Enjeux» n’aura jamais la même latitude puisque, outre ses patrons, il y a au moins deux instances vers qui le public peut se tourner si une exagération, un mauvais traitement ou un biais évident est décelé dans le traitement de l’information.

En conclusion, J-R Dufort peux bien faire ce qu’il veut dans son émission, et c’est bien ce qu’il fait. S’il veut nous montrer ce que les députés mangent au buffet durant le huis clos du budget, libre à lui. Et si ça nous fait sourire, tant mieux. Mais revendiquer le titre de journaliste demande plus que ça. Entre autre le courage d’enlever son nez de clown et de faire face à des instances indépendantes qui pourront lui taper sur les doigts lorsqu’il exagèrera.

Cliquer ici pour entendre le débat.



Occupation trouble by Paul-Marcel
17 novembre 2006, 15:21
Filed under: Cinéma/télé/radio, Politique/social

La populaire série de télé-réalité «Occupation double» se terminait ce soir avec le choix, par la dernière concurente en lice, de son mec de rêve. Après 10 semaines de dur labeur, la madame se retrouve plus riche d’une maison, d’une voiture de l’année, d’un voyage à venir, et bien entendu d’un homme assorti à l’ensemble. Il lui reste maintenant à l’essayer «pour de vrai».

Pour la première fois, parce qu’un ami y participe en tant qu’assistant réalisateur, je me suis intéressé quelque peu à cette émission. J’ai regardé, quelques minutes par-ci par-là,les aventures stratégico-sentimentales des divers concurrents, et vu finalement l’apothéose de ce «grattez-et-gagnez» amoureux.

Ce qui m’a le plus frappé de ce méli-mélo romantique, c’est le conformisme à tout crin qui habite ces gars et filles, qui sont pourtant tous nés vers 1980. Sans vouloir être trop naïf, il m’apparait incroyable que personne parmi ces beaux jeunes gens ne se rendent compte que le machiavélisme est de mise pour prétendre un tant soit peu pouvoir partir avec un conjoint et une maison. Et que pourtant, tous les protagonistes jouent la carte de la fidélité et de l’honnêteté sans coup férir. Un des finalistes le faisait d’ailleurs remarquer : le but du jeu est de charmer mais tu ne peux gagner que si tu n’as pas trop charmé. Effectivement, et bienvenue dans le monde de la rectitude morale.

Les valeurs véhiculées dans cette série sont assez classiques : fidélité, engagement, honnêteté, confiance, respect. Normal me direz-vous. Oui bien sûr, on est tous pour la vertu. Mais dans le cadre proposé par les concepteurs d’occupation double, tout est joué à coup de duplicité, tromperie, quiproquos, sous-entendu et pièges. Les concurrents peuvent faire moults confidences dans l’alcove (alcool aidant) quelques minutes avant de se retrouver par surprise en tête-à-tête avec le/la rivale. Bravo pour la confiance en fin de parcours.

Mais en fait, ce qui me surprend le plus, en cette semaine du congrès à Montréal «Comment ça va les hommes ?», c’est de voir à quelle point les rapports hommes-femmes sont à ce point traditionnalistes et conformistes. Est-ce que cette émission représente un quelconque groupe de la société ? Je ne sais pas. Mais en comparant les comportements vus à l’émission et la lecture de compte-rendu des conférences du congrès ci-haut mentionné, j’ai l’impression qu’on a pas su renouveler les rapports hommes-femmes en ce début de siècle. Il me semble règner une très grande naïveté dans notre rapport à l’autre. On l’investit de tous nos désirs et de toutes nos craintes et on s’étonne ensuite qu’il se pousse avec la voisine. Et cette émission agit comme miroir grossissant de nos comportements affectifs et sociaux. N’avons-nous vraiment rien appris ? Et surtout qu’un jeu télévisé reste un jeu ?

Finalement la jeune madame a choisie son homme, gagnée la maison, la voiture et le voyage. Elle s’est virtuellement mariée devant 1,7 millions de personnes, la famille et les amis. Elle va maintenant emménager avec un gars qu’elle a fréquenté, seule à seule, au total quelques heures et avec qui elle n’a jamais couché.

Ça fait pourtant plus de cinquante ans qu’on permet que ça ne se passe plus ainsi au Québec…



La pub lave plus blanc by Paul-Marcel
17 novembre 2006, 00:28
Filed under: Cinéma/télé/radio, Politique/social

Est-ce moi qui ne regarde pas suffisamment la télé pour le voir, ou est-ce bien le cas : les personnes/personnages issus des minorités visible au Québec sont nettement sous-représentés dans les publicités présentées au petit écran. Récemment, à part les publicités de Desjardins, je ne remarque pas de gens de couleur dans les pubs créées ici. Et vous, en remarquez-vous ?



Christiane Charette by Paul-Marcel
7 novembre 2006, 10:32
Filed under: Cinéma/télé/radio

Voilà, c’est officiel : je ne suis plus capable de Christiane Charette. Extrait d’une conversation entre elle et son invité, Jean-François Lisée, à propos des élections de mi-mandat, aux États-Unis :

CC : ce serai vraiment intéressant de voir deux femmes s’opposer pour la présidence des États-Unis. Croyez-vous qu’il y aurait une chance que Condolessa Rice et Hillary Clinton s’affronte pour la présidence ?

JFL : ce n’est pas impossible, mais très peu probable.

CC : mais pourquoi ?

JFL : eh bien parce que…

CC : pensez-vous que Condolessa est amoureuse de George Bush ?

JFL : …

CC : quand elle le regarde elle a l’oeil humide, on dirait vraiment qu’elle est amoureuse.

JFL : vraiment, je ne sais pas

Aaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh………………………..



« United 93 » by Paul-Marcel
23 octobre 2006, 13:48
Filed under: Cinéma/télé/radio

Le cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre nous a ramené à la mémoire (si on en avait besoin) les événements terribles qui ont affligés nos voisins du Sud. Le film du réalisateur Paul Greengrass (The Bourne Supremacy) nous fait revivre de façon intense (et dans ce cas, c’est un euphémisme) les événements qui se sont déroulés dans les différents centre de contrôles aériens, au centre de contrôle de la NORAD, ainsi que dans l’avion United 93 qui s’est finalement écrasé dans un champ de la Pensylvanie.

Un des premiers films à relater cette sombre journée, United 93 offre un regard fascinant au coeur de la tourmente. Alternant entre l’action des contrôleurs aériens, l’impuissance des militaires au sol ainsi que la folle témérité des passagers de l’avion, nous sommes tenu en haleine de la première à la dernière minute malgré la finalité connue des protagonistes.

Une des grandes qualité de ce film est d’avoir évité, de façon particulièrement habile, un ton mélodramatique qu’il aurait été facile d’emprunter. La crédibilité des personnages, de leur réactions et des émotions qu’ils démontrent, ne peuvent que nous toucher, sinon nous bouleverser. Sans tenter d’expliquer les raisons ou les motivations des terroristes, le film s’attarde plutôt à l’humain, qui confronté à l’incroyable, puis à l’inéluctable, peux se montrer digne. Un bel hommage aux victimes des barbares.



« La science des rêves » by Paul-Marcel
11 octobre 2006, 15:19
Filed under: Cinéma/télé/radio

« La science des rêves », Michel Gondry, 2006

Michel Gondry est le réalisateur français qui s’est fait connaître, au départ, par ses productions de vidéoclips pour des artistes tel Björk, Massive Attack, The Chemical Brothers. Son univers, très onirique et surréaliste, a fait de cet artiste une personnalité importante de la vidéo. En 2001 il réalise «Human Nature» (avec Tim Robbins et Patricia Arquette). Succès d’estime qui lui permettra de tourner «Eternal Sunshine of the spotless mind» avec Jim Carrey et Kate Winslet. Gros succès populaire et critique.

Pour son nouveau film il retourne dans son pays d’origine et fait appel à Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-miou et Gael García Bernal (Amores Perros, Y tu mamá también). C’est l’histoire de Stéphane, un jeune mexicain qui vient de perdre son père et qui vient s’installer en France à la demande de sa mère qui lui a trouvé un boulot dans une fabrique de calendrier. Artiste illustrateur et rêveur, il se retrouve plutôt avec un job minable à monter des calendriers en série. Parallèlement il tombe amoureux de sa voisine de palier et tente par tout les moyens de la séduire.

Ce personnage, qui mèle constamment rêve et réalité, à tout pour séduire. Mais curieusement, à suivre ses péripécies, il ne nous reste qu’un sentiment d’ennui et d’indifférence pour cet être complètement déconnecté de la vie des autres. Charlotte joue, de son côté, le rôle le moins inspiré qu’il m’est été donné de voir de sa part. Miou-miou fait pour sa part quelques apparitions sans grand éclat. Par contre Alain Chabat, lui, vole chaque scène où il est présent. Très drôle et très habité par son personnage de macho mal dégrossi, il nous arrache des rires à chaque présence.

Les séquences d’animations, qui représentent les portions rêvées de la vie de Stéphane sont une belle réussite. Le problème de ce film est qu’on ne trouve aucune bonne raison de s’attacher aux protagonistes. Lui est totalement immature et enfantin, elle est mignone mais semble totalement désintéressée de leur relation potentielle. Et nous sommes observateur d’une histoire qui ne semble intéresser que le réalisateur, à nous montrer ses idées cinématographiques et stylistiques. Qui par ailleurs ont été mieux servies dans son précédent ouvrage : Eternal sunshine of the spotless mind.



« La vie avec mon père » by Paul-Marcel
10 octobre 2006, 10:13
Filed under: Cinéma/télé/radio

« La vie avec mon père », Sébastien Rose, 2005

Vu en fin de semaine, le dernier film de Sébastien Rose. Encore une fois Rose traite des rapports familiaux, au sein d’une famille pour le moins original, où la mère est inexistante, et même complètement occultée (contrairement à son précédent film, où c’était l’inverse – «Comment ma mère accoucha de moi à sa ménaupose»). Donc ici nous avons l’histoire de deux frères tout à fait dépareillés qui doivent s’occuper de leur père, un original qui a mené une vie de bamboche sans soucis aucun pour ses deux fils adultes. Maintenant malade, il revient à la maison familiale pour y finir ses jours. Les deux garçons y trouveront remise en question et réconciliation.

L’histoire, originale et non sans intérêt, est pourtant mal servie par des dialogues peu naturels et un jeu d’acteur caricatural. David Lahaye et Paul Ahmarani (pourtant de grands talents) y sont peu crédible en frères fâchés qui ne cesse de se confronter sur leur choix de vie. Raymond Bouchard campe un père tellement immature qu’il devient difficile d’être touché par la morale de vie qu’il essaie d’inculquer à ses enfants, même si on comprend le sens de sa réflexion.

La cinématographie est lourde, essayant régulièrement de frapper avec des images forte qui n’ajoutent rien à l’histoire (pensons à la scène de la piscine du début, à la scéne de l’hôpital où les 2 frères se consolent de n’avoir pu sauver leur père, avec les 2 pieds dans l’eau (???), et d’autres du même acabit).

Bref un film qui m’a ennuyé malgré un propos qui aurait pu me toucher. La vie avec mon père s’avère finalement un film un peu prétencieux qui aurait été mieux servi par un traitement plus sobre.



Tout le monde en parle! et personne en revient by Paul-Marcel
4 octobre 2006, 15:05
Filed under: Cinéma/télé/radio

Dans La Presse d’aujourd’hui, Guy A. Lepage répond publiquement à la lettre ouverte de Victor Lévy-Beaulieu, qui critiquait la semaine dernière, dans les mêmes pages, l’émission dominicale « Tout le monde en parle ». VLB assimilait Guy A. à un faciste et un « Grand inquisiteur ». Aujourd’hui, M. Lepage s’en défend, bien habilement d’ailleurs. La lettre et sa réponse sont publiées sur le site de l’émission.

Une émission comme TLMEP provoque et attire puisque c’est de son essence même. Elle nous laisserait indifférent, qu’elle aurait manqué son coup. Le problème n’est pas là. Les questions qu’on doit se poser, sont, à mon avis, celles-ci :

Est-ce le mandat de Radio-Canada de diffuser ce type d’émission ?

Voilà une grande question. Selon les orientations stratégiques publiées dans son rapport annuel, on mentionne au sujet de la programmation qu’il faut :

  1. Présenter une programmation distinctive de la plus grande qualité.
  2. Reconnaître l’importance du reflet régional et de la réalité changeante du Canada.
  3. Assurer la viabilité des grilles canadiennes de CBC/Radio-Canada.

Voilà des engagements flous à souhait. Donc rien n’empêche, en regard des orientations, de présenter une émission de la sorte. Et si, de plus, on oblige la société d’état à se financer à même ses revenus publicitaires, en coupant allègrement son financement public, il n’y a aucune raison de ne pas diffuser cette émission. On fait compétitionner Radio-Canada avec TVA et TQS pour les cotes d’écoute (et ses revenus publicitaires) on ne peut donc, en toute logique, lui couper sa vache à lait.

Est-ce morale de procéder à des lynchages publics ?

Évidemment, le jour où on sera convoqué par subpena à l’enregistrement de l’émission, ce jour là, nous pourrons trembler. Mais je crois ce jour assez lointain, d’autant plus qu’à inviter des gens comme moi, Radio-Canada perdrait rapidement sa guerre des cotes d’écoute. Je me considère donc à l’abri. Mais qui donc se rend sur ce plateau ? Poser la question semble naïf. Se présentent à ce grand grand tribunal de l’inquisitoire, les gens qui vivent de leur popularité, ceux qui souhaite ardemment en vivre ou ceux qui en retirerait un grand intérêt. Écrivains, artistes, politiciens, personnalités publiques, acteurs de l’actualité, etc. Pour ces gens le risque que repésente le passage à TLMEP vaut sûrement le gain qu’ils peuvent en tirer. Pour quelques écorchés vifs, s’en trouve des dizaines qui ont vu leur étoile briller plus intensément, au moins le temps d’une soirée. Nous pouvons penser à Heidi Holliger, Martin Matte, Eva Avila, Roméo Dallaire, etc. Pour d’autres, la soirée du dimanche fût une expérience éprouvante : Guy Fournier et Gilles Proulx, entre-autre. J’omets volontairement les Raël, Doc Mailloux et Jeff Filion, qui se servent de la polémique créée par leur personnage pour exister. L’émission n’a été qu’une autre manière de rejoindre leur public, et si en plus ils passent pour victime aux yeux de certains, grand bien leur fasse, ils n’en sont que plus heureux. Donc, pour répondre à la question, je ne crois pas qu’on puisse parler de moralité pour un lynchage potentiel. Parlons plutôt d’un jeu cruel, où se font prendre les mouches trop attirées par le miel.

Pourquoi est-ce si populaire ?

Parce que malgré tout ce qu’on en dit, on aime ça. On reproche à cette émission de ne pas être ce qu’elle n’est pas. Ce n’est pas une émission d’affaire publique, ce n’est pas un show de variété, ce n’est pas qu’un talk-show. C’est une manufacture à provocations, de blagues de mauvais goût, de ragots de bas étage, de « lichage de veudette », bref c’est bassement mercantile. Mais un million sept cent mille spectateurs sont présents toutes les semaines pour assister à un show de télé extrême, pour être sûr d’avoir vu le scandale potentiel dont tout le monde va parler demain matin. Ne pas être celui qui ne sait pas, celui qui n’a pas vu. Celui, donc, qui n’est pas sur le grand perron de l’église après la messe. Ne pas être le « tout seul ».

Évidemment qu’il est agréable d’être différent, d’être celui qui ne suit pas le troupeau. Alors celui-là, il regarde quoi ? « On n’a pas toute la soirée » à TVA, ou « Loft Story » à TQS ? Ou sinon, il n’écoute pas la télé et ne s’intéresse pas de toute façon à tout ce qui se dit sur TLMEP. Donc pour tous ceux qui regardent la télé, le rendez-vous dominicale à Radio-Canada propose, contrairement au reste de la télévision, une émission dont on ne sait pas d’avance si on en sortira ravi, agacé, choqué ou endormi. Avouez que dans la grille horaire actuelle, c’est plutôt rare.

* * *

Le jour où personne ne voudra se présenter sur ce plateau, le jour où les cotes d’écoute seront faméliques, le jour où Guy A. sera triste qu’on ai ri d’un de ses invités, ce jour là, l’émission sera retiré des ondes. Ça arrivera, et peut-être pour d’autre raison que celle énumérés plus haut, mais ce ne sera pour aucune des considérations «V-L-B-esques». Ce sera tout simplement parce que l’animateur, le diffuseur, ou le public s’ennuiera. Et s’il y a bien une chose que l’humain occidental ne peut tolérer, c’est de s’ennuyer un dimanche soir.



L’affaire Mailloux by Paul-Marcel
30 septembre 2005, 15:49
Filed under: Cinéma/télé/radio, Politique/social

Après la tempête médiatique qui a suivit le passage du Dr Mailloux à l’émission « Tout le monde en parle » de Radio-Canada, je me permets moi aussi d’y aller de ma réflexion sur le sujet.

On rappelera que Pierre Mailloux a dit, citant une étude américaine des années 90 (« The Bell Curve : Intelligence and Class Structure in American Life »), que les noirs américain et les amérindiens étaient moins intelligents que les blancs dû à une sélection artificielle causé par l’esclavagisme. Ce qui voulait dire qu’on éliminait les plus intelligents pour ne garder que les plus physiquements forts et adaptés.

Il s’en est dit des choses depuis cette déclaration incendiaire et parmi tout ceux qui s’exprimèrent, peu s’en trouvent pour aller dans le sens de notre docteur. À raison puisqu’il ne faut pas être d’une grande intelligence soi-même pour comprendre la dangerosité d’une telle assertion. Si effectivement certaines études ont démontrées que les résultats à certains test dit d’« intelligence » pouvaient être différent entre certains groupes ethnique, il reste maintenant à démontrer que ces tests nous renseigne adéquatement sur ce qu’est l’intelligence. De plus, aucun scientifique digne de ce nom n’avance qu’un groupe ethnique est plus intelligent qu’un autre. L’intelligence n’est évidemment pas le simple fait de reconnaitre une figure géométrique qui a été pivotée, ou de trouver le chiffre qui complète une série; c’est aussi et surtout la faculté de fonctionner en société, de s’adapter aux nouvelles situations, de gérer son stress, de faire les liens entre des informations disparates mais complémentaires, et surtout savoir se taire lorsque notre silence servirait mieux le bien commun que notre parole.
Alors, partant de là, pourrait-on penser que les esclaves noirs les plus intelligents ont rapidement compris que le fait de s’afficher brillant diminuait considérablement leur espérance de vie ? De ce fait ils auraient certainement fait en sorte de ne pas s’attirer trop de problèmes en contestant leur maîtres. On pourrait aussi penser que les moins brillants soient les plus gueulards et finissent donc par écoper. Le résultat serait donc à l’opposer de ce que Doc Mailloux tente de nous faire croire. Il nous faudra donc chercher ailleurs ces distortions de résultats. La pauvreté peut-être ?
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Lecture essentielle pour quiconque s’intéresse au sujet : La mal mesure de l’homme de Steven Jay Gould.




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