Blogue à part


Questionnements sur le droit d’auteur by Paul-Marcel
8 février 2008, 13:11
Filed under: Cinéma/télé/radio, Paul-Marcel, Politique/social

L’autre jour mon fils m’a fait découvrir un site Web qui diffuse des films en lecture continue (“streaming”). Le répertoire n’est pas aussi vaste que celui de votre club vidéo mais il s’enrichit de plusieurs dizaines de films à toutes les semaines. On y trouve de vieux classiques, des films de série B, des navets inconnus et de grosses productions. Un vaste de choix de documentaires est aussi disponible ainsi que des vidéos de clips musicaux, des reportage sportifs, à peu près toutes les séries de télé américaines récentes ou anciennes. La qualité est excellente et la diffusion instantanée. Vous choisissez, vous cliquez, et hop, ça commence. Pas d’inscription, pas de pub, juste le film.

Le problème, puisque dans mon cas il y en a un, est d’ordre moral. On trouve sur ce site des productions qui sont encore en salle. Il y a donc une entorse claire aux lois sur la diffusion d’œuvres cinématographiques et télévisuelles. C’est ce qui m’a emmené à une réflexion sur nos droits et restrictions concernant les films commerciaux.

Allons-y par une suite de questionnement :

  • Si un film est diffusé à la télé et que ce soir là je n’y suis pas, puis-je l’enregistrer pour l’écouter plus tard ? Je crois qu’il est admis de tous que la réponse est oui.
  • Si je n’y suis pas et que j’ai oublié de programmer mon magnétoscope, appeller un ami pour le faire pour moi, est-ce que c’est acceptable ? D’après moi, oui encore.
  • Si l’ami en question fait l’enregistrement sans m’en parler et me prête la cassette, est-ce encore OK ?
  • Donc, par extension, est-ce que je peux prêter une cassette déjà enregistré à qui je veux ?

On voit déjà que ça devient rapidement assez compliqué à gérer, mais allons plus loin.

Si on admet qu’un film qui passe à la télé peut-être enregistré pour son usage personnel, est-ce que ça doit se faire seulement lors de sa diffusion ? Autrement dit, si j’ai manqué Rocky à TVA la semaine dernière, mais que je peux le voir sur Internet ce soir, est-ce permis ?

Autre question : si je loue un film au club vidéo pour une semaine, est-ce que je peux le prêter à ma sœur après l’avoir regardé ? Quand on me loue un film pour la semaine, est-ce qu’on s’attend à ce qu’il n’y a que moi qui le regarde durant ma période de location ? Pourtant on peut être huit dans le salon lorsque je déciderai de le voir. Est-ce que ça peux se faire en deux groupes de quatre, deux soirs différents ? Alors dans ce cas, est-ce qu’un de ces individu pourrait décider de le regarder sur son ordinateur à partir du site de téléchargement ?

Prenons l’exemple des livres. Si j’ai acheté un livre et que je l’ai aimé, je peux le prêter à qui je veux sans restriction aucune. Je présume que je peux faire de même avec un DVD d’un film à succès. Alors, si j’appelle un ami et que je lui parle du film que je viens d’acheter, que c’est un film extraordinaire, que je vais lui prêter ma copie dès qu’on se voit, je présume encore que nous sommes dans la légalité. Mais si cet ami me dit que c’est plus simple pour lui de l’écouter dès ce soir sur son portable, qu’est-ce que je dois lui répondre ? “Tu n’as pas le droit. Attend que je t’apporte mon DVD” ? Découlant de ça, peut-on voir un film sur Internet dès que quelqu’un en fait l’achat ?

Vous comprendrez que j’ai vraiment besoin d’un spécialiste/avocat pour m’aider à résoudre mes questionnements moraux et légaux sur le droit d’auteur. Disons que pour le moment, je trace la ligne avec les films qui sont encore en salle. Pour ceux-là, interdiction de les regarder sans payer. Malgré que ce ne soit pas sans faille comme raisonnement, au moins je peux tracer une ligne quelque part.

Maintenant il faut que je l’explique à mon ado….



La campagne by Paul-Marcel
21 février 2007, 19:25
Filed under: Paul-Marcel, Politique/social

Une campagne qui sera tout sauf bucolique. Pas reposante non plus. Ni calme, ni sereine. Ça sera plutôt 28 jours de cris et de fureur. Des chemises seront déchirées sur la place publique. Une guerre sans merci. Tous les coups seront permis. Ils iront frapper à votre porte. Vous ne pourrez pas y échapper. Ils seront sur votre chemin, en embuscades dans les lieux publics. Vous les verrez à la télé, les entendrez à la radio. Vos ennemis et vos amis, à couteaux tirés. Et souvent même difficile à discerner. Très semblable dans la pénombre. Rarement seuls, voyageant en groupe. Bien protégés pour éviter les pièges qu’on manquera pas de leur tendre. Leurs visages tapisseront les murs de la ville. Nous serons observés, sondés, scrutés. Nos allégeances seront discutés, soupesés, étudiés et sûrement… décriés. Et la guerre fera rage, leur fiel couvrira le paysage. Jusqu’au jour où nous nous lèverons. Ce sera notre tour. À nous de jouer. Nous trancherons, finalement. D’un coup de crayon. D’un papier glissé dans une boîte. Ce sera terminé. Et au lendemain de ce carnage, tout sera redevenu comme avant. Calme et serein, comme la campagne.



Le juste prix by Paul-Marcel
11 janvier 2007, 00:04
Filed under: Paul-Marcel, Politique/social

Une petite réflexion que je veux partager avec vous. Actuellement au Québec, les citoyens payent leur électricité à un coût moindre que le reste des habitants de l’amérique du Nord. Pour donner un exemple, les habitants de Boston paient leur électricité plus de trois et demi ce qu’il nous en coûte ici (source). C’est l’avantage que les québécois ont voulu se donner en nationalisant l’électricité au début des années ’70. Le problème de l’énergie qui se pose actuellement c’est que le réseau est à la limite de ses capacités pour fournir l’électricité à la population ainsi qu’à ses clients corporatifs. Pour remédier à la chose Hydro-Québec veut détourner la rivière Rupert dans le Nord du Québec pour alimenter ses barrages existants et le nouveau barrage Eastmain-1-A (détail). Un développement gigantesque qui aura à coup sûr un impact écologique et un bouleversement des habitudes de vie des peuples autochtones de la région. Sans compter les investissements importants que cela exigera. L’autre avenue est l’énergie éolienne, mais semblerait que personne n’en veut sur son terrain.

D’où ma réflexion : si on payait le tarif réel de production, et qu’avec les profits supplémentaires on subventionnait les gens à faible revenu, pour ne pas créer d’inéquité, la demande hydro-électrique diminuerait sensiblement (nous sommes actuellement parmi les plus grand consommateurs d’électricité au monde – quand c’est pas cher…). Si on consomme moins, on a pas besoin de développer d’autres sites de production et on peut vendre plus de kilowatt/heure à nos voisins. Notre gouvernement engrangerait plus d’argent qu’il pourrait distribuer dans nos programmes sociaux, hôpitaux, éducation, infrastructure, etc.

Y aura-t-il un gouvernement assez courageux pour aller dans ce sens ? Est-ce que l’idée tient la route ? Faîtes moi donc part de votre opinion là-dessus.



Le mélange des genres by Paul-Marcel
10 janvier 2007, 23:37
Filed under: Cinéma/télé/radio, Paul-Marcel

Ce matin à l’émission radiophonique de Christiane Charette (oui je sais, j’ai encore écouté…) une rencontre très intéressante entre Jean-René Dufort, animateur de «Infoman» et Alain Gravel, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Le prétexte : un petit débat sur ce qu’est être journaliste. Première chose : Christiane Charette n’écoute pas ses invités, mais ça c’est un autre sujet. Pour revenir à la problématique, J-R Dufort revendique le droit d’interviewer qui il veut et de poser toutes les questions qu’il désire. Pour Alain Gravel, le fait d’être reconnu journaliste impose une prérogative, celle de relever du conseil de presse du Québec, qui peut émettre un blâme suite à une plainte de quiconque. M. Dufort nous dit qu’il ne veut pas être journaliste, M. Gravel ne veut pas l’empêcher de rencontrer qui que ce soit («L’information et l’actualité ne sont pas exclusifs aux journalistes»). En principe tout est clair. Mais dans les faits, pas tant que ça. Car la question n’a pas été répondu : qu’est-ce qu’un journaliste ? Maintenant que la nouvelle peut, et est, relayé par tout le monde; maintenant que les politiciens se font interviewer aux émissions de divertissement par des animateurs, des humoristes et des maires; puisque chacun sur son blogue peut commenter l’actualité avec la même verve qu’un éditorialiste payé pour le faire, qu’est-ce qui différencie le journaliste de tous les autres ? Le journaliste est redevable devant le Conseil de presse du Québec qui peut lui adresser un blâme. Il peut aussi être membre de la FPJQ, mais ce n’est pas obligatoire. Tout le monde peut donc se définir journaliste indépendant. Voilà pour la portion institutionnel de la profession.

Le problème qui se pose actuellement en est un de mélange des genres. Si tout le monde peut faire une entrevue avec qui que ce soit, tous ne sont pas soumis aux mêmes règles. L’animateur qui prend un biais tout à fait volontaire dans le traitement de la nouvelle peut toujours se disculper en disant qu’il fait de la variété ou de l’humour. Un Guy A. Lepage ou un Jean-René Dufort ne peuvent donc pas subir de blâme du Conseil de presse s’ils décident de déconner face à un ministre. On ne leur demandera pas de faire preuve d’objectivité. Ça relèvera de leur éthique personnelle et de la tolérance de leurs patrons. Un journaliste à «Enjeux» n’aura jamais la même latitude puisque, outre ses patrons, il y a au moins deux instances vers qui le public peut se tourner si une exagération, un mauvais traitement ou un biais évident est décelé dans le traitement de l’information.

En conclusion, J-R Dufort peux bien faire ce qu’il veut dans son émission, et c’est bien ce qu’il fait. S’il veut nous montrer ce que les députés mangent au buffet durant le huis clos du budget, libre à lui. Et si ça nous fait sourire, tant mieux. Mais revendiquer le titre de journaliste demande plus que ça. Entre autre le courage d’enlever son nez de clown et de faire face à des instances indépendantes qui pourront lui taper sur les doigts lorsqu’il exagèrera.

Cliquer ici pour entendre le débat.




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