L’idole vacille…
2 août 2004, 18:35
Filed under: Spectacle
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Comment ne pas ressentir un malaise lorsqu’un monstre sacré titube devant vous. Le malaise mais aussi la déception d’entendre parmi les plus belles chansons des dix dernières années se faire torpiller d’un souffle d’harmonica tonitruant et faux (pensons à la final de “La nuit je mens”). Samedi soir Bashung nous a fait le coup de l’artiste torturé qui doit boire sa dose pour pouvoir affronter le public et les planches. Et dans son cas nous avons eu droit à un mélange d’Elvis sur les valiums (pour la gestuelle) et d’un Bashung sans registre de voix. Déçu, oui, mais avec des moments de bonheur qui nous faisait comprendre encore plus cruellement que, ce que nous attendions, pouvait exister. Elvire, Osez Joséphine, Malaxe sont des moments de grâce dans ce spectacle, porté par de bons musiciens et de beaux éclairages. En fait les meilleurs moments survinrent lorsque Bashung prit sa guitare et nous interpréta ses plus vieux succès. C’est plutôt les ambiances atmosphériques, les envolées quasi-symphoniques de ses deux derniers disques, que Bashung eu de la difficulté à transposer sur scène. La presque totalité des chansons de Fantaisie militaire et de L’imprudence interprétées ce soir là furent décevantes, et seulement par sa faute, les musiciens, eux, étant au rendez-vous.
Dommage de voir un artiste changer à ce point en neuf ans (Coup de coeur francophone, ’95). Sans jamais avoir été une bête de scène, la maîtrise de son environnement musical, l’économie de ses gestes, la précision de sa voix était la promesse de grand spectacle. Mais la prestation de cette année n’aura tout de même pas réussi à entacher l’admiration que je porte à l’oeuvre et l’artiste. Plus que jamais j’ai le goût, et le besoin, de me replonger dans les univers de Bashung et Fauque, de me laisser porter par ces ambiances magiques, ces poésies évocatrices, de me fermer les yeux, et de me refaire un spectacle qui, toujours, me donnera des frissons.
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