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Le cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre nous a ramené à la mémoire (si on en avait besoin) les événements terribles qui ont affligés nos voisins du Sud. Le film du réalisateur Paul Greengrass (The Bourne Supremacy) nous fait revivre de façon intense (et dans ce cas, c’est un euphémisme) les événements qui se sont déroulés dans les différents centre de contrôles aériens, au centre de contrôle de la NORAD, ainsi que dans l’avion United 93 qui s’est finalement écrasé dans un champ de la Pensylvanie.
Un des premiers films à relater cette sombre journée, United 93 offre un regard fascinant au coeur de la tourmente. Alternant entre l’action des contrôleurs aériens, l’impuissance des militaires au sol ainsi que la folle témérité des passagers de l’avion, nous sommes tenu en haleine de la première à la dernière minute malgré la finalité connue des protagonistes.
Une des grandes qualité de ce film est d’avoir évité, de façon particulièrement habile, un ton mélodramatique qu’il aurait été facile d’emprunter. La crédibilité des personnages, de leur réactions et des émotions qu’ils démontrent, ne peuvent que nous toucher, sinon nous bouleverser. Sans tenter d’expliquer les raisons ou les motivations des terroristes, le film s’attarde plutôt à l’humain, qui confronté à l’incroyable, puis à l’inéluctable, peux se montrer digne. Un bel hommage aux victimes des barbares.
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« La science des rêves », Michel Gondry, 2006
Michel Gondry est le réalisateur français qui s’est fait connaître, au départ, par ses productions de vidéoclips pour des artistes tel Björk, Massive Attack, The Chemical Brothers. Son univers, très onirique et surréaliste, a fait de cet artiste une personnalité importante de la vidéo. En 2001 il réalise «Human Nature» (avec Tim Robbins et Patricia Arquette). Succès d’estime qui lui permettra de tourner «Eternal Sunshine of the spotless mind» avec Jim Carrey et Kate Winslet. Gros succès populaire et critique.
Pour son nouveau film il retourne dans son pays d’origine et fait appel à Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-miou et Gael García Bernal (Amores Perros, Y tu mamá también). C’est l’histoire de Stéphane, un jeune mexicain qui vient de perdre son père et qui vient s’installer en France à la demande de sa mère qui lui a trouvé un boulot dans une fabrique de calendrier. Artiste illustrateur et rêveur, il se retrouve plutôt avec un job minable à monter des calendriers en série. Parallèlement il tombe amoureux de sa voisine de palier et tente par tout les moyens de la séduire.
Ce personnage, qui mèle constamment rêve et réalité, à tout pour séduire. Mais curieusement, à suivre ses péripécies, il ne nous reste qu’un sentiment d’ennui et d’indifférence pour cet être complètement déconnecté de la vie des autres. Charlotte joue, de son côté, le rôle le moins inspiré qu’il m’est été donné de voir de sa part. Miou-miou fait pour sa part quelques apparitions sans grand éclat. Par contre Alain Chabat, lui, vole chaque scène où il est présent. Très drôle et très habité par son personnage de macho mal dégrossi, il nous arrache des rires à chaque présence.
Les séquences d’animations, qui représentent les portions rêvées de la vie de Stéphane sont une belle réussite. Le problème de ce film est qu’on ne trouve aucune bonne raison de s’attacher aux protagonistes. Lui est totalement immature et enfantin, elle est mignone mais semble totalement désintéressée de leur relation potentielle. Et nous sommes observateur d’une histoire qui ne semble intéresser que le réalisateur, à nous montrer ses idées cinématographiques et stylistiques. Qui par ailleurs ont été mieux servies dans son précédent ouvrage : Eternal sunshine of the spotless mind.
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« La vie avec mon père », Sébastien Rose, 2005
Vu en fin de semaine, le dernier film de Sébastien Rose. Encore une fois Rose traite des rapports familiaux, au sein d’une famille pour le moins original, où la mère est inexistante, et même complètement occultée (contrairement à son précédent film, où c’était l’inverse – «Comment ma mère accoucha de moi à sa ménaupose»). Donc ici nous avons l’histoire de deux frères tout à fait dépareillés qui doivent s’occuper de leur père, un original qui a mené une vie de bamboche sans soucis aucun pour ses deux fils adultes. Maintenant malade, il revient à la maison familiale pour y finir ses jours. Les deux garçons y trouveront remise en question et réconciliation.
L’histoire, originale et non sans intérêt, est pourtant mal servie par des dialogues peu naturels et un jeu d’acteur caricatural. David Lahaye et Paul Ahmarani (pourtant de grands talents) y sont peu crédible en frères fâchés qui ne cesse de se confronter sur leur choix de vie. Raymond Bouchard campe un père tellement immature qu’il devient difficile d’être touché par la morale de vie qu’il essaie d’inculquer à ses enfants, même si on comprend le sens de sa réflexion.
La cinématographie est lourde, essayant régulièrement de frapper avec des images forte qui n’ajoutent rien à l’histoire (pensons à la scène de la piscine du début, à la scéne de l’hôpital où les 2 frères se consolent de n’avoir pu sauver leur père, avec les 2 pieds dans l’eau (???), et d’autres du même acabit).
Bref un film qui m’a ennuyé malgré un propos qui aurait pu me toucher. La vie avec mon père s’avère finalement un film un peu prétencieux qui aurait été mieux servi par un traitement plus sobre.
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Dans La Presse d’aujourd’hui, Guy A. Lepage répond publiquement à la lettre ouverte de Victor Lévy-Beaulieu, qui critiquait la semaine dernière, dans les mêmes pages, l’émission dominicale « Tout le monde en parle ». VLB assimilait Guy A. à un faciste et un « Grand inquisiteur ». Aujourd’hui, M. Lepage s’en défend, bien habilement d’ailleurs. La lettre et sa réponse sont publiées sur le site de l’émission.
Une émission comme TLMEP provoque et attire puisque c’est de son essence même. Elle nous laisserait indifférent, qu’elle aurait manqué son coup. Le problème n’est pas là. Les questions qu’on doit se poser, sont, à mon avis, celles-ci :
Est-ce le mandat de Radio-Canada de diffuser ce type d’émission ?
Voilà une grande question. Selon les orientations stratégiques publiées dans son rapport annuel, on mentionne au sujet de la programmation qu’il faut :
- Présenter une programmation distinctive de la plus grande qualité.
- Reconnaître l’importance du reflet régional et de la réalité changeante du Canada.
- Assurer la viabilité des grilles canadiennes de CBC/Radio-Canada.
Voilà des engagements flous à souhait. Donc rien n’empêche, en regard des orientations, de présenter une émission de la sorte. Et si, de plus, on oblige la société d’état à se financer à même ses revenus publicitaires, en coupant allègrement son financement public, il n’y a aucune raison de ne pas diffuser cette émission. On fait compétitionner Radio-Canada avec TVA et TQS pour les cotes d’écoute (et ses revenus publicitaires) on ne peut donc, en toute logique, lui couper sa vache à lait.
Est-ce morale de procéder à des lynchages publics ?
Évidemment, le jour où on sera convoqué par subpena à l’enregistrement de l’émission, ce jour là, nous pourrons trembler. Mais je crois ce jour assez lointain, d’autant plus qu’à inviter des gens comme moi, Radio-Canada perdrait rapidement sa guerre des cotes d’écoute. Je me considère donc à l’abri. Mais qui donc se rend sur ce plateau ? Poser la question semble naïf. Se présentent à ce grand grand tribunal de l’inquisitoire, les gens qui vivent de leur popularité, ceux qui souhaite ardemment en vivre ou ceux qui en retirerait un grand intérêt. Écrivains, artistes, politiciens, personnalités publiques, acteurs de l’actualité, etc. Pour ces gens le risque que repésente le passage à TLMEP vaut sûrement le gain qu’ils peuvent en tirer. Pour quelques écorchés vifs, s’en trouve des dizaines qui ont vu leur étoile briller plus intensément, au moins le temps d’une soirée. Nous pouvons penser à Heidi Holliger, Martin Matte, Eva Avila, Roméo Dallaire, etc. Pour d’autres, la soirée du dimanche fût une expérience éprouvante : Guy Fournier et Gilles Proulx, entre-autre. J’omets volontairement les Raël, Doc Mailloux et Jeff Filion, qui se servent de la polémique créée par leur personnage pour exister. L’émission n’a été qu’une autre manière de rejoindre leur public, et si en plus ils passent pour victime aux yeux de certains, grand bien leur fasse, ils n’en sont que plus heureux. Donc, pour répondre à la question, je ne crois pas qu’on puisse parler de moralité pour un lynchage potentiel. Parlons plutôt d’un jeu cruel, où se font prendre les mouches trop attirées par le miel.
Pourquoi est-ce si populaire ?
Parce que malgré tout ce qu’on en dit, on aime ça. On reproche à cette émission de ne pas être ce qu’elle n’est pas. Ce n’est pas une émission d’affaire publique, ce n’est pas un show de variété, ce n’est pas qu’un talk-show. C’est une manufacture à provocations, de blagues de mauvais goût, de ragots de bas étage, de « lichage de veudette », bref c’est bassement mercantile. Mais un million sept cent mille spectateurs sont présents toutes les semaines pour assister à un show de télé extrême, pour être sûr d’avoir vu le scandale potentiel dont tout le monde va parler demain matin. Ne pas être celui qui ne sait pas, celui qui n’a pas vu. Celui, donc, qui n’est pas sur le grand perron de l’église après la messe. Ne pas être le « tout seul ».
Évidemment qu’il est agréable d’être différent, d’être celui qui ne suit pas le troupeau. Alors celui-là, il regarde quoi ? « On n’a pas toute la soirée » à TVA, ou « Loft Story » à TQS ? Ou sinon, il n’écoute pas la télé et ne s’intéresse pas de toute façon à tout ce qui se dit sur TLMEP. Donc pour tous ceux qui regardent la télé, le rendez-vous dominicale à Radio-Canada propose, contrairement au reste de la télévision, une émission dont on ne sait pas d’avance si on en sortira ravi, agacé, choqué ou endormi. Avouez que dans la grille horaire actuelle, c’est plutôt rare.
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Le jour où personne ne voudra se présenter sur ce plateau, le jour où les cotes d’écoute seront faméliques, le jour où Guy A. sera triste qu’on ai ri d’un de ses invités, ce jour là, l’émission sera retiré des ondes. Ça arrivera, et peut-être pour d’autre raison que celle énumérés plus haut, mais ce ne sera pour aucune des considérations «V-L-B-esques». Ce sera tout simplement parce que l’animateur, le diffuseur, ou le public s’ennuiera. Et s’il y a bien une chose que l’humain occidental ne peut tolérer, c’est de s’ennuyer un dimanche soir.
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