Blogue à part


Réflexion sur la peine de mort by Paul-Marcel
4 novembre 2006, 15:34
Filed under: Politique/social

Cette fin de semaine le tribunal chargé de juger Saddam Hussein rendra son verdict. L’ancien dictateur est passible de la peine de mort pour les exactions commises contre le peuple kurde durant les années 80. Cette imminente annonce m’a emmené à réfléchir sur la peine capitale. Depuis toujours je suis contre la peine de mort. De plus, concernant Saddam Hussein, je considère que le fait de le condamner à mort ferait de lui un martyr parmi ses supporters. Pourquoi alors ne pas le laisser croupir en prison pour le restant de ces jours, qu’il tombe dans l’oubli général et qu’il se morfonde dans son réduit en pensant avec nostalgie à ses années de gloire ? C’est en y allant cette réflexion qu’il m’est venu à l’idée que finalement être contre la peine de mort n’est pas s’éloigner d’une certaine forme de barbarisme, c’est appliquer d’une façon encore plus perverse un châtiment à un humain qu’on ne veut plus voir cohabiter avec nous. C’est le supplice de la goutte d’eau avec une justification morale qui nous dit que d’enlever la vie n’est pas un geste que les peuples évolués devrait continuer à perpétuer.

Est-ce hypocrite que de s’opposer à la peine capitale ? Devrions-nous faire souffrir des années durant un homme, ou abréger ses souffrances immédiatement ? Prenons par exemple le cas de Paul Bernardo, condamné au Canada à une peine d’emprisonnement à perpétuité, sans aucune possibilité de libération conditionnelle, ayant été déclaré criminel dangereux. Cet homme, au début de la quarantaine, pourrait théoriquement vivre encore une quarantaine d’années enfermé dans une cellule. Pourquoi voulons-nous le voir enfermé une vie complète ? Est-ce parce qu’il est moralement inacceptable de tuer un homme ou pour le «voir» souffrir en paiement des crimes qu’il a commis ? Pourtant le tuer serait certainement plus charitable. Mais comme société, nous ne voulons pas de cette alternative.

C’est tout à fait louable de défendre cette idée. Mais ce qui me préocuppe c’est l’idée que nous nous faisons de nous même et de notre société en regard de ce choix. Nous sommes tellement mieux que la Chine, l’Iran, les États-Unis, tout ceux en fait qui assassinent légalement leurs déviants, n’est-ce pas ? N’avons-nous pas, nous, compris que l’élévation de l’Homme se situe dans ces choix qui vont à l’inverse de ceux des barbares, des tueurs ? Franchement je ne crois pas. Nous nous drapons de bons sentiments, et pourtant nous faisons payer encore plus cruellement les criminels.

Je ne crois donc pas que c’est pour une considération morale que la peine de mort ne devrait pas être appliquée, mais tout simplement pour prévenir les erreurs irréparables. Errare humanum est. Une personne condamnée à tort aura peut-être un jour la possibilité de faire ouvrir son dossier et ultimement être exonérée d’un crime qu’elle n’aurait pas commis. C’est la seule raison qui m’importe et pour cette seule raison je continu à m’opposer à la mise à mort. Même lorsque la preuve est «béton». Puisque tout ceux qui ont été condamnés l’ont été «hors de tout doutes raisonnables», non ?



Démocratie numérique by Paul-Marcel
25 octobre 2006, 15:07
Filed under: Politique/social

Le directeur général des élections du Québec, Me Marcel Blanchet, vient de rendre public son rapport d’évaluation des nouveaux mécanismes de votation utilisés pour les scrutin municipaux tenus le 6 novembre 2005. On s’en rappellera, le cafouillage qui avait suivi cette soirée d’élection en avait inquiété plus d’un. En effet, dans plusieurs municipalités, et pas les moindres (Montréal en faisait parti), des problèmes de dépouillement, des retards de compilations, des bulletins refusés pour on ne sait quelle raisons, ont mis à mal un système qui jusqu’à maintenant n’avait pas si mal fonctionné. « If it’s not broken, don’t fix it », disent les anglais dans leur grande sagesse. Il n’y aurait pas eu de meilleur moment pour mettre ce credo en application.

Le rapport fait état de plusieurs manques qui ont causés la débâcle : insuffisance de tests, processus mal documentés, pas de plans de rechange, formation déficiente pour le personnel sur place, etc. Bref, trop brouillon pour une opération de cette envergure. Alors je pose la question : qu’est-ce qui motivait le transfert vers de nouvelles technologie d’une opération de cette importance qui sert à légitimer ceux qui vont nous gouverner ? Pourquoi vouloir à tout prix faire « moderne » au prix d’une rupture de confiance envers nos élus, qui par les temps qui courent, n’en ont pas un capital infini.

Si les raisons ne sont pas évidentes du point de vue logique (ça ne coûte pas moins cher et c’est plus « fragile »), on peut tout de même trouver certaines motivations à numériser notre vie démocratique. Il est de notoriété publique que les lobbys présents à l’assemblée nationale font pression pour décrocher de lucratifs contrats. Celui de l’informatisation des modes de scrutin en est un très alléchant qui a dû générer énormément d’heure de serrage de main, de rencontres d’information et de soupers aux restaurants. Des gens sont payés pour trouver de l’argent et, visiblement, ils font bien leur travail.

L’autre aspect se situe plus dans l’air du temps. En cet époque googlelienne, où tout semble pouvoir se numériser, où tout peut devenir électrons voyageant d’un terminal à l’autre à la vitesse de la lumière, il est normal d’être contaminé par l’idée que le papier relève d’une autre époque, où il ne faisait pas si bon que ça vivre. Nous avons l’impression que tout peut se régler en deux touches de clavier, et si un papier est nécessaire, c’est que quelqu’un n’a pas assez réfléchi à une solution. Mais voyons plutôt le résultat. Il semblerait, au contraire, que quelqu’un n’a pas réfléchi assez longtemps au danger du «sans papier».

Si le système démocratique, tout comme son acolyte, le système capitaliste, est basé sur la confiance qu’on lui porte, et non pas sur la confiance qu’on porte au gens qui le constitue, pourquoi s’en remettre à quelques «happy few» qui, eux, seront les seuls à savoir ce qu’il y a dans le ventre de la machine ? Pourquoi donner à deux nerds et trois fonctionnaires la possibilité de tout foutre en l’air ?

Il est des systèmes, comme des personnes, qui à trop vouloir être jeune perdent leur crédibilité. Dans ce dossier, la crédibilité s’incarnait dans le vieux système. Un système sur qui on peut compter (et recompter). Pas une vulgaire disquette, qui une fois corrompue, vient d’avaler la décision de milliers de personnes. Une fois tous les quatre ans on nous demande notre avis. Faites donc en sorte qu’on puisse y croire.



« United 93 » by Paul-Marcel
23 octobre 2006, 13:48
Filed under: Cinéma/télé/radio

Le cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre nous a ramené à la mémoire (si on en avait besoin) les événements terribles qui ont affligés nos voisins du Sud. Le film du réalisateur Paul Greengrass (The Bourne Supremacy) nous fait revivre de façon intense (et dans ce cas, c’est un euphémisme) les événements qui se sont déroulés dans les différents centre de contrôles aériens, au centre de contrôle de la NORAD, ainsi que dans l’avion United 93 qui s’est finalement écrasé dans un champ de la Pensylvanie.

Un des premiers films à relater cette sombre journée, United 93 offre un regard fascinant au coeur de la tourmente. Alternant entre l’action des contrôleurs aériens, l’impuissance des militaires au sol ainsi que la folle témérité des passagers de l’avion, nous sommes tenu en haleine de la première à la dernière minute malgré la finalité connue des protagonistes.

Une des grandes qualité de ce film est d’avoir évité, de façon particulièrement habile, un ton mélodramatique qu’il aurait été facile d’emprunter. La crédibilité des personnages, de leur réactions et des émotions qu’ils démontrent, ne peuvent que nous toucher, sinon nous bouleverser. Sans tenter d’expliquer les raisons ou les motivations des terroristes, le film s’attarde plutôt à l’humain, qui confronté à l’incroyable, puis à l’inéluctable, peux se montrer digne. Un bel hommage aux victimes des barbares.



« La science des rêves » by Paul-Marcel
11 octobre 2006, 15:19
Filed under: Cinéma/télé/radio

« La science des rêves », Michel Gondry, 2006

Michel Gondry est le réalisateur français qui s’est fait connaître, au départ, par ses productions de vidéoclips pour des artistes tel Björk, Massive Attack, The Chemical Brothers. Son univers, très onirique et surréaliste, a fait de cet artiste une personnalité importante de la vidéo. En 2001 il réalise «Human Nature» (avec Tim Robbins et Patricia Arquette). Succès d’estime qui lui permettra de tourner «Eternal Sunshine of the spotless mind» avec Jim Carrey et Kate Winslet. Gros succès populaire et critique.

Pour son nouveau film il retourne dans son pays d’origine et fait appel à Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-miou et Gael García Bernal (Amores Perros, Y tu mamá también). C’est l’histoire de Stéphane, un jeune mexicain qui vient de perdre son père et qui vient s’installer en France à la demande de sa mère qui lui a trouvé un boulot dans une fabrique de calendrier. Artiste illustrateur et rêveur, il se retrouve plutôt avec un job minable à monter des calendriers en série. Parallèlement il tombe amoureux de sa voisine de palier et tente par tout les moyens de la séduire.

Ce personnage, qui mèle constamment rêve et réalité, à tout pour séduire. Mais curieusement, à suivre ses péripécies, il ne nous reste qu’un sentiment d’ennui et d’indifférence pour cet être complètement déconnecté de la vie des autres. Charlotte joue, de son côté, le rôle le moins inspiré qu’il m’est été donné de voir de sa part. Miou-miou fait pour sa part quelques apparitions sans grand éclat. Par contre Alain Chabat, lui, vole chaque scène où il est présent. Très drôle et très habité par son personnage de macho mal dégrossi, il nous arrache des rires à chaque présence.

Les séquences d’animations, qui représentent les portions rêvées de la vie de Stéphane sont une belle réussite. Le problème de ce film est qu’on ne trouve aucune bonne raison de s’attacher aux protagonistes. Lui est totalement immature et enfantin, elle est mignone mais semble totalement désintéressée de leur relation potentielle. Et nous sommes observateur d’une histoire qui ne semble intéresser que le réalisateur, à nous montrer ses idées cinématographiques et stylistiques. Qui par ailleurs ont été mieux servies dans son précédent ouvrage : Eternal sunshine of the spotless mind.



« La vie avec mon père » by Paul-Marcel
10 octobre 2006, 10:13
Filed under: Cinéma/télé/radio

« La vie avec mon père », Sébastien Rose, 2005

Vu en fin de semaine, le dernier film de Sébastien Rose. Encore une fois Rose traite des rapports familiaux, au sein d’une famille pour le moins original, où la mère est inexistante, et même complètement occultée (contrairement à son précédent film, où c’était l’inverse – «Comment ma mère accoucha de moi à sa ménaupose»). Donc ici nous avons l’histoire de deux frères tout à fait dépareillés qui doivent s’occuper de leur père, un original qui a mené une vie de bamboche sans soucis aucun pour ses deux fils adultes. Maintenant malade, il revient à la maison familiale pour y finir ses jours. Les deux garçons y trouveront remise en question et réconciliation.

L’histoire, originale et non sans intérêt, est pourtant mal servie par des dialogues peu naturels et un jeu d’acteur caricatural. David Lahaye et Paul Ahmarani (pourtant de grands talents) y sont peu crédible en frères fâchés qui ne cesse de se confronter sur leur choix de vie. Raymond Bouchard campe un père tellement immature qu’il devient difficile d’être touché par la morale de vie qu’il essaie d’inculquer à ses enfants, même si on comprend le sens de sa réflexion.

La cinématographie est lourde, essayant régulièrement de frapper avec des images forte qui n’ajoutent rien à l’histoire (pensons à la scène de la piscine du début, à la scéne de l’hôpital où les 2 frères se consolent de n’avoir pu sauver leur père, avec les 2 pieds dans l’eau (???), et d’autres du même acabit).

Bref un film qui m’a ennuyé malgré un propos qui aurait pu me toucher. La vie avec mon père s’avère finalement un film un peu prétencieux qui aurait été mieux servi par un traitement plus sobre.



Tout le monde en parle! et personne en revient by Paul-Marcel
4 octobre 2006, 15:05
Filed under: Cinéma/télé/radio

Dans La Presse d’aujourd’hui, Guy A. Lepage répond publiquement à la lettre ouverte de Victor Lévy-Beaulieu, qui critiquait la semaine dernière, dans les mêmes pages, l’émission dominicale « Tout le monde en parle ». VLB assimilait Guy A. à un faciste et un « Grand inquisiteur ». Aujourd’hui, M. Lepage s’en défend, bien habilement d’ailleurs. La lettre et sa réponse sont publiées sur le site de l’émission.

Une émission comme TLMEP provoque et attire puisque c’est de son essence même. Elle nous laisserait indifférent, qu’elle aurait manqué son coup. Le problème n’est pas là. Les questions qu’on doit se poser, sont, à mon avis, celles-ci :

Est-ce le mandat de Radio-Canada de diffuser ce type d’émission ?

Voilà une grande question. Selon les orientations stratégiques publiées dans son rapport annuel, on mentionne au sujet de la programmation qu’il faut :

  1. Présenter une programmation distinctive de la plus grande qualité.
  2. Reconnaître l’importance du reflet régional et de la réalité changeante du Canada.
  3. Assurer la viabilité des grilles canadiennes de CBC/Radio-Canada.

Voilà des engagements flous à souhait. Donc rien n’empêche, en regard des orientations, de présenter une émission de la sorte. Et si, de plus, on oblige la société d’état à se financer à même ses revenus publicitaires, en coupant allègrement son financement public, il n’y a aucune raison de ne pas diffuser cette émission. On fait compétitionner Radio-Canada avec TVA et TQS pour les cotes d’écoute (et ses revenus publicitaires) on ne peut donc, en toute logique, lui couper sa vache à lait.

Est-ce morale de procéder à des lynchages publics ?

Évidemment, le jour où on sera convoqué par subpena à l’enregistrement de l’émission, ce jour là, nous pourrons trembler. Mais je crois ce jour assez lointain, d’autant plus qu’à inviter des gens comme moi, Radio-Canada perdrait rapidement sa guerre des cotes d’écoute. Je me considère donc à l’abri. Mais qui donc se rend sur ce plateau ? Poser la question semble naïf. Se présentent à ce grand grand tribunal de l’inquisitoire, les gens qui vivent de leur popularité, ceux qui souhaite ardemment en vivre ou ceux qui en retirerait un grand intérêt. Écrivains, artistes, politiciens, personnalités publiques, acteurs de l’actualité, etc. Pour ces gens le risque que repésente le passage à TLMEP vaut sûrement le gain qu’ils peuvent en tirer. Pour quelques écorchés vifs, s’en trouve des dizaines qui ont vu leur étoile briller plus intensément, au moins le temps d’une soirée. Nous pouvons penser à Heidi Holliger, Martin Matte, Eva Avila, Roméo Dallaire, etc. Pour d’autres, la soirée du dimanche fût une expérience éprouvante : Guy Fournier et Gilles Proulx, entre-autre. J’omets volontairement les Raël, Doc Mailloux et Jeff Filion, qui se servent de la polémique créée par leur personnage pour exister. L’émission n’a été qu’une autre manière de rejoindre leur public, et si en plus ils passent pour victime aux yeux de certains, grand bien leur fasse, ils n’en sont que plus heureux. Donc, pour répondre à la question, je ne crois pas qu’on puisse parler de moralité pour un lynchage potentiel. Parlons plutôt d’un jeu cruel, où se font prendre les mouches trop attirées par le miel.

Pourquoi est-ce si populaire ?

Parce que malgré tout ce qu’on en dit, on aime ça. On reproche à cette émission de ne pas être ce qu’elle n’est pas. Ce n’est pas une émission d’affaire publique, ce n’est pas un show de variété, ce n’est pas qu’un talk-show. C’est une manufacture à provocations, de blagues de mauvais goût, de ragots de bas étage, de « lichage de veudette », bref c’est bassement mercantile. Mais un million sept cent mille spectateurs sont présents toutes les semaines pour assister à un show de télé extrême, pour être sûr d’avoir vu le scandale potentiel dont tout le monde va parler demain matin. Ne pas être celui qui ne sait pas, celui qui n’a pas vu. Celui, donc, qui n’est pas sur le grand perron de l’église après la messe. Ne pas être le « tout seul ».

Évidemment qu’il est agréable d’être différent, d’être celui qui ne suit pas le troupeau. Alors celui-là, il regarde quoi ? « On n’a pas toute la soirée » à TVA, ou « Loft Story » à TQS ? Ou sinon, il n’écoute pas la télé et ne s’intéresse pas de toute façon à tout ce qui se dit sur TLMEP. Donc pour tous ceux qui regardent la télé, le rendez-vous dominicale à Radio-Canada propose, contrairement au reste de la télévision, une émission dont on ne sait pas d’avance si on en sortira ravi, agacé, choqué ou endormi. Avouez que dans la grille horaire actuelle, c’est plutôt rare.

* * *

Le jour où personne ne voudra se présenter sur ce plateau, le jour où les cotes d’écoute seront faméliques, le jour où Guy A. sera triste qu’on ai ri d’un de ses invités, ce jour là, l’émission sera retiré des ondes. Ça arrivera, et peut-être pour d’autre raison que celle énumérés plus haut, mais ce ne sera pour aucune des considérations «V-L-B-esques». Ce sera tout simplement parce que l’animateur, le diffuseur, ou le public s’ennuiera. Et s’il y a bien une chose que l’humain occidental ne peut tolérer, c’est de s’ennuyer un dimanche soir.



Gauche ou droite ? by Paul-Marcel
21 septembre 2006, 20:09
Filed under: Politique/social

Voici un petit test rapide (en 30 secondes) qui vous permettra de vous situer sur l’échiquier politique. Mieux vaut savoir où on se situe avant de se justifier.

http://www.theadvocates.org/quiz.html



Philanthropie – Le Québec fait mauvaise figure by Paul-Marcel
6 juin 2006, 08:56
Filed under: Politique/social

À lire sur le site de Radio-Canada (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2006/06/05/003-charite-canada-stat.shtml) la piètre performance du Québec en matière de dons et de bénévolat. Misère…



13 concepts scientifiques impossible à expliquer by Paul-Marcel
3 novembre 2005, 15:59
Filed under: Uncategorized

13 concepts scientifiques impossible à expliquer :
Cliquez ici (en anglais)



L’affaire Mailloux by Paul-Marcel
30 septembre 2005, 15:49
Filed under: Cinéma/télé/radio, Politique/social

Après la tempête médiatique qui a suivit le passage du Dr Mailloux à l’émission « Tout le monde en parle » de Radio-Canada, je me permets moi aussi d’y aller de ma réflexion sur le sujet.

On rappelera que Pierre Mailloux a dit, citant une étude américaine des années 90 (« The Bell Curve : Intelligence and Class Structure in American Life »), que les noirs américain et les amérindiens étaient moins intelligents que les blancs dû à une sélection artificielle causé par l’esclavagisme. Ce qui voulait dire qu’on éliminait les plus intelligents pour ne garder que les plus physiquements forts et adaptés.

Il s’en est dit des choses depuis cette déclaration incendiaire et parmi tout ceux qui s’exprimèrent, peu s’en trouvent pour aller dans le sens de notre docteur. À raison puisqu’il ne faut pas être d’une grande intelligence soi-même pour comprendre la dangerosité d’une telle assertion. Si effectivement certaines études ont démontrées que les résultats à certains test dit d’« intelligence » pouvaient être différent entre certains groupes ethnique, il reste maintenant à démontrer que ces tests nous renseigne adéquatement sur ce qu’est l’intelligence. De plus, aucun scientifique digne de ce nom n’avance qu’un groupe ethnique est plus intelligent qu’un autre. L’intelligence n’est évidemment pas le simple fait de reconnaitre une figure géométrique qui a été pivotée, ou de trouver le chiffre qui complète une série; c’est aussi et surtout la faculté de fonctionner en société, de s’adapter aux nouvelles situations, de gérer son stress, de faire les liens entre des informations disparates mais complémentaires, et surtout savoir se taire lorsque notre silence servirait mieux le bien commun que notre parole.
Alors, partant de là, pourrait-on penser que les esclaves noirs les plus intelligents ont rapidement compris que le fait de s’afficher brillant diminuait considérablement leur espérance de vie ? De ce fait ils auraient certainement fait en sorte de ne pas s’attirer trop de problèmes en contestant leur maîtres. On pourrait aussi penser que les moins brillants soient les plus gueulards et finissent donc par écoper. Le résultat serait donc à l’opposer de ce que Doc Mailloux tente de nous faire croire. Il nous faudra donc chercher ailleurs ces distortions de résultats. La pauvreté peut-être ?
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Lecture essentielle pour quiconque s’intéresse au sujet : La mal mesure de l’homme de Steven Jay Gould.




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